« Une affaire macabre secoue le village du chef de l’État »
En surfant dernièrement sur abidjan.net du 6 Août 2009, je lis ce titre à la une du journal Le Nouveau Réveil : « Qui a tué “ Petit Gbagbo ? ” qu’a-t-on fait de son sexe, de sa langue, de ses dents ? »
Vous l’avez compris, cela s’est passé en Côte d’Ivoire. Il s’agit certainement encore d’un crime rituel. Déjà en 1950 lorsque je suis arrivée dans ce pays, je me souviens qu’à une certaine époque de l’année, les boys ne voulaient pas rentrer trop tard chez eux le soir tant ils redoutaient ces sacrifices humains.
Par qui étaient-ils perpétrés ? Je ne l’ai jamais su précisément. On parlait entre autres de pêcheurs qui jetaient ces organes à la mer afin que les dieux Neptune ou Poséidon les protègent, leur procurent des pêches plus abondantes, la santé pour leur bétail, leur famille, l’éradication d’une endémie etc…
Ne croyez-pas cependant que ces sacrifices qui perdurent soient uniquement l’apanage d’un petit peuple ignorant, illettré, analphabète. Non. Ces croyances sont encore bien ancrées également dans des esprits cultivés, nourris d’études supérieures, évolués, ouverts à la modernité, des esprits qui ont voyagé à travers notre planète.
J’ai quitté la Côte d’Ivoire en 2002 et je retrouve parmi des coupures de journaux qui m’avaient amusée au cours de ma vie africaine, un dessin humoristique d’un excellent dessinateur Ivoirien, paru alors dans Fraternité Matin dont la légende est celle-ci : « Vous savez tous que je suis un grand gbasseur » (féticheur). Si vous ne votez pas pour moi, je vous transformerai tous en poulets ! »
Cela m’amène à penser à l’un de mes romans « Les coupeurs de langues » que j’ai écrit alors que je vivais encore en Côte d’Ivoire.
Regardez-bien la couverture. Lisette était cachée à croupetons derrière la grosse bille de bois échouée sur la rive. Ce qu’elle a vu était si effrayant qu’elle a dû attendre que la plage redevienne déserte pour rejoindre sa « Chaumière » d’Azuretti.
Le sacrifice humain auquel elle venait d’assister était en fait perpétré par un mystérieux esprit, parfaitement dégagé de toutes ces croyances bien que lui-même rattaché à la mer, un esprit intelligent qui avait compris l’intérêt de les exploiter pour desservir un important trafic international.
Croyances ? Pas si sûr…
marinette.secco@sfr.fr
En surfant dernièrement sur abidjan.net du 6 Août 2009, je lis ce titre à la une du journal Le Nouveau Réveil : « Qui a tué “ Petit Gbagbo ? ” qu’a-t-on fait de son sexe, de sa langue, de ses dents ? »
Vous l’avez compris, cela s’est passé en Côte d’Ivoire. Il s’agit certainement encore d’un crime rituel. Déjà en 1950 lorsque je suis arrivée dans ce pays, je me souviens qu’à une certaine époque de l’année, les boys ne voulaient pas rentrer trop tard chez eux le soir tant ils redoutaient ces sacrifices humains.
Par qui étaient-ils perpétrés ? Je ne l’ai jamais su précisément. On parlait entre autres de pêcheurs qui jetaient ces organes à la mer afin que les dieux Neptune ou Poséidon les protègent, leur procurent des pêches plus abondantes, la santé pour leur bétail, leur famille, l’éradication d’une endémie etc…
Ne croyez-pas cependant que ces sacrifices qui perdurent soient uniquement l’apanage d’un petit peuple ignorant, illettré, analphabète. Non. Ces croyances sont encore bien ancrées également dans des esprits cultivés, nourris d’études supérieures, évolués, ouverts à la modernité, des esprits qui ont voyagé à travers notre planète.
J’ai quitté la Côte d’Ivoire en 2002 et je retrouve parmi des coupures de journaux qui m’avaient amusée au cours de ma vie africaine, un dessin humoristique d’un excellent dessinateur Ivoirien, paru alors dans Fraternité Matin dont la légende est celle-ci : « Vous savez tous que je suis un grand gbasseur » (féticheur). Si vous ne votez pas pour moi, je vous transformerai tous en poulets ! »
Cela m’amène à penser à l’un de mes romans « Les coupeurs de langues » que j’ai écrit alors que je vivais encore en Côte d’Ivoire.
Regardez-bien la couverture. Lisette était cachée à croupetons derrière la grosse bille de bois échouée sur la rive. Ce qu’elle a vu était si effrayant qu’elle a dû attendre que la plage redevienne déserte pour rejoindre sa « Chaumière » d’Azuretti.
Le sacrifice humain auquel elle venait d’assister était en fait perpétré par un mystérieux esprit, parfaitement dégagé de toutes ces croyances bien que lui-même rattaché à la mer, un esprit intelligent qui avait compris l’intérêt de les exploiter pour desservir un important trafic international.
Croyances ? Pas si sûr…
marinette.secco@sfr.fr
